Mobilité propre : Trouver les équilibres

Urgence écologique, renouveau urbain, évolution des modes de vie : les transports du quotidien sont en plein bouleversement. La LOM et le nouveau cycle municipal qui s’annoncent doivent être les catalyseurs de changements profonds dans nos infrastructures et dans nos habitudes, à tous les niveaux, pour les longues comme les courtes distances.

En ligne de mire, on trouve évidemment la voiture. Symbole de la pollution, de la congestion et d’un individualisme roi, sa place doit être fortement revue. Deux grands chantiers doivent permettre d’achever cette transition. Mettre fin à l’autosolisme, par des incitations et si besoin des pénalités, et désengorger les centres-villes, en construisant de grandes zones de stationnement à leurs portes et, pourquoi pas, en expérimentant des péages urbains.

Il va de soi que seule une offre renforcée de transports en commun, en quantité comme en qualité, permettra de convaincre les automobilistes de laisser leur voiture au garage. Des investissements massifs devront être consentis sur ce sujet, auquel s’ajoutera la nécessité de « verdir » les véhicules utilisés. Pour ce faire, l’hydrogène est une technologie pleine de promesses, mais dont le déploiement reste encore onéreux.

Dans ce moment de refondation, la gratuité semble avoir le vent en poupe. C’est une option radicale qui permet en effet d’augmenter la fréquentation, à la condition de ne pas faire de compromis sur l’investissement. Elle pose plus largement une vraie question politique : celle de faire payer par la collectivité les déplacements individuels, y compris de ceux qui en ont les moyens.

Pour les plus courtes distances, c’est le vélo qui fait figure de solution idéale : bon pour la planète comme pour la santé de ses utilisateurs, « doux » et peu coûteux. La France est clairement en retard sur ce volet par rapport à ses voisins. Une des priorités devra être d’assurer la sécurité des cyclistes, particulièrement vulnérables sur la route, par le développement notamment de pistes dédiées.

Plutôt que concurrentes, toutes ces solutions doivent être pensées comme complémentaires par le biais de l’intermodalité. Un paiement à l’utilisation, plutôt qu’à l’abonnement, favoriserait le recours à plusieurs services différents. Autant d’innovations qui fluidifient les flux, et rendent les mobilités plus propres, plus intuitives et plus attractives.