Bouleversement climatique : faire face

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2Le succès diplomatique de la COP21 a fait oublier que le changement climatique était déjà une réalité. En plus de réduire leurs émissions de CO2, nos sociétés doivent aussi développer des stratégies d’adaptation.

En France, le climat change. À partir de 2050, une canicule surviendra un été sur deux. Les inondations sont déjà plus fréquentes et plus fortes. Des maladies tropicales comme la dengue ou le chikungunya ont fait leur apparition. En trente ans, la région de Montpellier est passée d’un climat subhumide à un climat semi-aride. Le rendement et la qualité des cultures déclinent. Certaines ont migré vers le nord. En moins d’une trentaine d’années, le taux moyen d’alcool des vins français a gagné deux degrés. De façon paradoxale, nos sociétés semblent plus vulnérables aux catastrophes naturelles qu’il y a trois siècles. En cause ? La concentration des populations et des activités sur des zones sensibles, notamment côtières, et la fragilité de nos réseaux de distribution et de communication. En se montrant trop protecteurs, les Etats déresponsabilisent les citoyens.

De timides stratégies d’adaptation se mettent en place, notamment en France : création, en 2001, de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc), lancement du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) doté de 171 millions d’euros. En 2017, la France sera le premier Etat à émettre un emprunt vert de 9 milliards d’euros sur trois ans, susceptible d’amplifier les projets d’adaptation. L’Afnor et le Comité européen de normalisation travaillent à la modification des normes du transport. L’Inra sélectionne les plantes les plus résistantes. Des secteurs économiques se mobilisent, notamment l’agriculture. Ainsi, la viticulture, qui représente 15% de la valeur de la production agricole française, modifie ses méthodes de travail. Des observatoires régionaux sur l’agriculture et le changement climatique ont été créés. Car l’adaptation est une affaire de territoire. Pourtant, les collectivités, à l’exception de Paris et de quelques grandes villes, rechignent encore à dépenser de l’argent pour pallier un danger mal identifié.

Les tragédies de la Nouvelle-Orléans ou, plus près de nous, de la Faute-sur-Mer, de Cannes et de Mandelieu nous rappellent que si les risques existent, les solutions restent à inventer.

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