Polyvalence et multiplication des supports : les médias traditionnels contre-attaquent

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ca_73_couvDepuis dix ans, les médias traditionnels connaissent une crise durable. Concurrencés, dépassés, voire contestés, ils peinent à trouver un modèle économique viable dans un domaine où la gratuité prédomine. L’enjeu est de taille : comment assurer la pérennité d’entreprises qui constituent l’un des fondements de nos démocraties ?

 Les médias font face à une révolution comparable à celle qui a fragilisé l’industrie musicale à la fin des années quatre-vingt-dix. D’après l’institut Médiamétrie, 3 millions de Français regardent des programmes ailleurs que sur leur télévision, un chiffre qui a connu une hausse de 50% en un an. Depuis 2013, la consommation d’information par l’intermédiaire d’un mobile a augmenté de 78% pour les smartphones et de 30% pour les tablettes. Résultat : en 2015, les ventes d’exemplaires papier ont baissé de 3,8% par rapport à l’année précédente. Pire : si le marché publicitaire s’est déprécié de 1,1%, la publicité sur Internet a crû de 5,9%. D’ici 2018, la télévision devrait perdre son statut de premier annonceur commercial mondial au profit du numérique. À ces nouvelles pratiques qui obligent les journalistes à travailler autrement, s’ajoutent de nouveaux concurrents comme les agrégateurs de contenus qui privent le média d’un accès direct à son public.

Après une phase de retrait, les médias passent à l’offensive. A défaut de modèle unique, des tendances communes se dégagent : multiplication des supports de distribution, moindre valorisation de l’édition papier, diffusion de vidéos. En plus de l’information gratuite, les médias proposent désormais des contenus de qualité et payants : sujets de « niche », grands reportages, décryptages, jeux liés à l’actualité. Les journalistes apprennent à devenir polyvalents et à produire des informations en fonction des supports. Par ailleurs, les médias utilisent la force de leur marque pour vendre des services additionnels ou pour organiser des événements sportifs et culturels. Certains choisissent de valoriser leurs données, tout en proposant à leurs annonceurs des méthodes de promotion innovantes comme le « brand content » (ou contenu de marque) ou le « native advertising » (ou publicité native) qui permettent de contourner les logiciels de blocage de publicité.

Ces orientations produisent des résultats. Depuis 2013, le New York Times compte ainsi davantage d’abonnés à sa version numérique qu’à son édition papier. Peu importe le « flacon », pourvu qu’on ait le contenu !

 

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