Neutralité carbone en 2050 : le temps de l’action

Le recul temporaire et contraint des émissions de gaz à effet de serre (GES) provoqué par la crise sanitaire ne saurait masquer le retard pris dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les efforts consentis sont encore loin d’être suffisants pour permettre effectivement de limiter la hausse des températures à l’échelle mondiale. Le plan de relance récemment présenté par le gouvernement a donc valeur de test, pour faire des milliards d’euros dépensés un accélérateur de la transition écologique.

La stratégie nationale bas-carbone (SNBC), adoptée en 2015, est l’outil de référence en la matière. Elle vise la neutralité carbone de la France d’ici à 2050, soit l’équilibre entre les émissions et les absorptions de GES, et se décline par secteurs en prévoyant pour chacun d’entre eux des objectifs chiffrés. Mais malgré les déclarations d’intention, les actes peinent encore à suivre. Le Haut Conseil pour le climat alerte régulièrement les pouvoirs publics sur l’insuffisance de la trajectoire actuelle de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de l’ordre de 1 % par an alors qu’il faudrait au moins 3 %.

Le secteur des transports, premier en termes d’émissions en France et encore fortement dominé par les produits pétroliers, reste un point noir. Il faut donc avancer plus vite sur le déploiement des carburants propres et continuer à faire évoluer les comportements : moins de voiture et d’avion, plus de transports collectifs et de mobilités douces. Le défi est d’autant plus grand que la demande de transport ne va pas faiblir dans les années qui viennent. Le bâtiment est un autre secteur clé, où un gros effort doit être fourni sur l’efficacité énergétique et la maîtrise de la consommation, notamment par le recours aux réseaux intelligents.

S’agissant de l’énergie, la France se distingue par une part d’électricité d’origine nucléaire très élevée qui lui permet de produire une énergie très propre sur le plan des émissions carbonées, avec d’autres inconvénients. Alors que la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique est appelée à augmenter, se posera dans quelques décennies la question cruciale du renouvellement ou non des centrales et du basculement vers un 100 % ENR.

Dans une séquence politique où l’environnement et le climat ont pris une place centrale, le gouvernement actuel se sait sous pression pour traduire concrètement en actes les ambitions portées par la France. Les décisions prises durant les deux dernières années du quinquennat seront particulièrement scrutées.