La mobilité urbaine en pleine mutation

Mars 2013


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Même si l’utilisation de la voiture en milieu urbain demeure majoritaire, sa part décroît de façon régulière dans certaines agglomérations au profit des transports en commun. Cette tendance est le résultat d’une conjonction de facteurs.

 Pour répondre aux contraintes liées à l’utilisation de la voiture comme le prix de l’essence, les embouteillages, les difficultés pour se garer, de nouveaux services sont apparus : vélos en libre-service, covoiturage, auto-partage, tramway, rénovation de lignes de bus, achat de véhicules innovants, le plus souvent électriques. L’opinion publique semble plus sensible qu’auparavant à la protection de l’environnement, à la lutte contre le changement climatique ou aux pollutions sonores. Conscientes de ces attentes, les collectivités locales jouent un rôle clef dans le développement des modes alternatifs de transport, ce qui implique des efforts financiers importants. On estime que la construction d’un kilomètre de ligne de tramway coûte 25 millions d’euros.

Bien qu’utiles, ces initiatives ont encore des effets limités sur les comportements. Aussi apparaît-il nécessaire de réfléchir à des stratégies d’ensemble, fondées sur des leviers de nature différente. Les plans de déplacements urbains (PDU) permettent aux collectivités de créer des complémentarités entre les modes de transport. Depuis les lois Solidarité et renouvellement urbains de 2000 et Grenelle 2 de 2010, les entreprises sont incitées à élaborer des plans de déplacements d’entreprise (PDE) pour éviter à leurs salariés de prendre leur voiture. Les NTIC sont un atout déterminant pour diffuser, en temps réel, une information complète sur l’offre de transport disponible. Enfin, des leviers financiers comme le péage urbain, la tarification différenciée, la baisse des tarifs des transports en commun peuvent s’avérer utiles. Plus qu’une politique sectorielle, la mobilité urbaine s’apparente à un enjeu de société. Elle doit faire l’objet d’une réflexion cohérente, dans le cadre d’un dialogue approfondi avec les acteurs : pouvoirs publics, entreprises, associations d’usagers, défenseurs de l’environnement.

Elle est surtout l’occasion de désenclaver des quartiers, de restaurer des espaces à l’abandon et de redonner un sens à la notion de « vivre ensemble ».

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