Handicap invisible : un risque d’exclusion

Décembre 2013


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Le handicap invisible concernerait une personne sur dix. Ses causes sont nombreuses : traumatisme crânien, bipolarité, dépression, agoraphobie. Certaines maladies, comme le diabète, qui touche plus de trois millions et demi de Français, sont à l’origine de complications invalidantes : amputation, malvoyance, fatigue chronique. On estime que 10% seulement des personnes qui souffrent d’un handicap psychique travaillent dans un environnement ordinaire. La survenue d’un handicap invisible se traduit souvent chez celui qui en souffre par un risque d’exclusion : 122 000 salariés sont licenciés chaque année pour inaptitude. Dans ce contexte, nombreux sont les « handicapés » qui hésitent à informer leur hiérarchie des difficultés qu’ils rencontrent. D’autant que rien ne leur garantit de bénéficier du statut de travailleur handicapé délivré par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées.

 Des dispositifs d’insertion ou d’indemnisation existent. La loi impose aux entreprises et aux services publics qui comptent plus de vingt salariés d’employer au minimum 6% de travailleurs handicapés, sous peine d’amende ; 200 000 personnes bénéficient ainsi de « l’obligation d’emploi ». Certaines entreprises, plutôt que de verser une amende, préfèrent intégrer le handicap dans leur stratégie de ressources humaines. En fonction de leur degré d’invalidité, les personnes handicapées peuvent prétendre à la prestation de compensation du handicap (PCH) ou à l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Cependant, la gestion décentralisée des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), couplée à une hausse continue des demandes, est à l’origine de graves dysfonctionnements.

Le Comité interministériel du handicap (CIH) s’est réuni pour la première fois le 25 septembre dernier sous l’autorité du Premier ministre. Une nouvelle feuille de route a été établie. Parmi les pistes d’amélioration qui ont été évoquées, figurent le développement de la dématérialisation, l’allègement de la charge de travail des MDPH ou la mise au point d’une nouvelle gouvernance territoriale. La Conférence nationale du handicap, prévue en 2014, sera l’occasion d’effectuer un bilan d’étape. En attendant, chacun doit se convaincre que la « différence » est compatible avec la « compétence » et que, loin de constituer une charge, le handicap se révèle souvent un formidable ferment d’unité.

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