Gestion de l’eau : des enjeux économiques, écologiques et sociaux

Juillet 2014


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L’eau jouit d’une dimension symbolique très forte, presque « sacrée ». Elle se trouve aujourd’hui au cœur d’enjeux économiques, écologiques et sociaux.

 Depuis la loi Sapin de 1993, l’eau fait l’objet d’une gestion rigoureuse. Encadrée par trois directives européennes, elle est, avec près de 58 normes à respecter, le produit alimentaire le plus surveillé de France. En 2012, on estimait que la moitié des eaux se trouvaient dans un bon état chimique, soit 43% des eaux de surface et 59% des eaux souterraines. Plus de 30 000 contrôles ont ainsi été effectués par la police de l’eau, donnant lieu à 1 952 procès-verbaux. En France, le prix de l’eau s’établit à 3,40 euros le mètre cube, soit un niveau inférieur à la moyenne européenne. Ce prix masque néanmoins de fortes disparités liées à la densité de la population et à la qualité de l’eau des nappes. Après des années de suspicion, 80% des Français disent avoir confiance dans l’eau du robinet, même si 47% d’entre eux estiment être mal informés.

Alors que les trois quarts des contrats de délégation de service public, qui concernent 66% de la population, arrivent à échéance d’ici 2015, la gestion de l’eau s’invite de nouveau dans le débat public. Parmi les critères de choix des collectivités, figurent le mode de tarification, l’implication des consommateurs, le prix ou la mise en place de tarifs sociaux. A plus long terme, dans un monde où la moitié de la population vivra en situation de « stress hydrique », l’eau est appelée à devenir un véritable sujet de société. Des marges de progression existent : 20% des volumes d’eau traités ne parviennent pas au consommateur à cause de fuites dans les canalisations. Des technologies comme les compteurs intelligents et les systèmes de gestion de données permettront bientôt de garantir une utilisation plus efficiente.

Objet de toutes les attentions depuis des millénaires, l’eau demeure au fondement de notre modèle de développement. Le principal défi consiste aujourd’hui à passer d’une logique d’abondance à une logique de rareté.

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