Elus et réseaux sociaux : le renouveau de la communication

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21En quelques années, les réseaux sociaux ont révolutionné les stratégies de communication. En établissant une relation « horizontale » avec l’internaute, ils permettraient, d’après les spécialistes, de répondre aux attentes du public en termes de personnalisation ou de participation à la prise de décision et constitueraient, de ce fait, le média démocratique par excellence.

Alors que 17 millions de Français se connectent chaque jour à Facebook, les réseaux sociaux sont devenus un passage obligé pour les responsables publics. Les collectivités locales y voient un moyen de diffuser une information de proximité. Les partis minoritaires, qui n’ont pas ou peu accès aux médias, les utilisent pour véhiculer leurs idées. En communiquant sur leur quotidien ou en réagissant en temps réel à l’actualité, les élus tentent de nouer une relation privilégiée avec les internautes, en particulier avec les jeunes actifs qui n’ont ni le temps ni l’envie d’assister aux réunions publiques. Aujourd’hui, les réseaux sociaux s’imposent comme des outils de mesure de l’état de l’opinion et des baromètres de popularité. Qui ne rêve d’égaler les 42 millions de « fans » du président Obama ?

Comme n’importe quel outil, les réseaux sociaux obéissent à des codes. Contrairement à ce qu’on observe dans les pays anglo-saxons, leur utilisation se résume en France à une approche essentiellement verticale, sans distance critique ni logique de « co-création ». Sept Français sur dix estiment que les consultations par Internet sont trop rares. Souvent, les responsables publics n’ont pas conscience des enjeux juridiques auxquels ils s’exposent ni des conséquences potentiellement désastreuses pour leur image d’une réaction « chaud ». Si les réseaux sociaux contribuent à renouer le dialogue entre les citoyens et leurs élus, ils accentuent la violence de la vie politique, tout en amplifiant les excès de l’opinion. Autant de questions qui seront débattues, avec d’autres, dans le cadre de la préparation du projet de loi sur le numérique.

Bien qu’incontournables, les réseaux sociaux apparaissent encore comme des médias secondaires ou complémentaires. Reste à savoir pour combien de temps.

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