La Bio, vert et solidaire

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L’agriculture biologique est en plein essor. Le marché des produits bio a bondi de 16% entre 2016 et 2017, au point de devenir le facteur majeur de croissance du secteur de l’alimentation en France. Avec 6,5% de sa surface agricole cultivée en bio, le pays se place au 3e rang européen. Mais au-delà d’un mode de production plus respectueux de l’environnement, ce que l’on nomme la bio porte un véritable engagement redéfinissant autant le modèle actuel d’agriculture productiviste que la relation de l’homme à la nature. Et c’est avec la bio que l’on peut envisager aujourd’hui de répondre à l’urgence environnementale.

L’agriculture conventionnelle a, en effet, montré ses limites. Les pesticides sont à la fois un désastre pour les rivières et les sols, et un problème de santé publique. Or la santé se trouve en tête des motivations des Français, de plus en plus nombreux à faire confiance au bio, qui leur garantit contrôle, origine et traçabilité. La bio permet aussi de répondre au défi climatique. Non seulement elle contribue à lutter contre le phénomène en s’éloignant du schéma d’agriculture intensive énergivore et en favorisant les circuits courts, mais, par la diversification des cultures, elle permet aussi de s’adapter aux changements climatiques eux-mêmes.

Passer à la bio, c’est souvent la promesse de meilleures performances économiques pour les agriculteurs. La bio offre, en effet, une création d’emplois bien supérieure à celle de l’agriculture conventionnelle et permet de maintenir l’activité dans les territoires. Elle est un art de vivre, une volonté de renouer le lien avec la nature et de donner du sens à la consommation et aux échanges.

Mais l’agriculture bio peut-elle, à terme, nourrir la planète ? Les experts s’accordent à dire que cette situation est envisageable, à condition, entre autres, de réduire le gaspillage et la consommation de produits d’origine animale. Car contrairement à une idée reçue, les rendements de l’agriculture biologique sont supérieurs à ceux de l’agriculture traditionnelle. Néanmoins, le bio reste encore cher. Et ce mode de culture demande des savoir-faire spécifiques, alors que les formations en la matière font défaut. Enfin, pour opérer la transition agricole, de nouvelles semences seront aussi nécessaires.

Soutenir la bio est donc une priorité. Le gouvernement promet des avancées sur la bio : élimination progressive des pesticides, investissement et recherche, tandis que l’UE prépare une refonte du règlement sur la production bio. Il faudra aussi compter avec l’évolution des mentalités.